Au dos du couteau

Refusant les codes  » coincés  » et trop stricts de l’art conventionnel, Edwige Leprin est une peintre atypique, engagée et généreuse, comme rarement l’être humain peut nous surprendre. Toute en sympathie et en naturel, elle est à l’image de ses œuvres, l’essentiel pour elle étant la simplicité et la proximité.

Jouant sur les nuances, les gammes de rouge, d’ocre ou de bleu, aimant naviguer entre brillance ostentatoire et mat sobre, c’est une artiste complète.  Edwige Leprin nous dévoile son âme à travers les courbes de nu, un méli-mélo de poésie avec les collages mixtes ou encore la profondeur de ses émotions avec les Mikados.

Emotion, ressenti, force et puissance des sentiments, Edwige nous offre avec son cœur et ses tripes, un regard sur son monde intérieur et sur sa vie.

Sa méthode, ses enchaînements rappellent une chorégraphie gracieuse empreinte de force et de vie. Ses gestes sont rapides et précis. Le tableau prend forme doucement, mais l’énergie est vive.

Pour les prémices, Edwige applique la peinture rapidement sur la toile pour former les premiers aplats de couleur. C’est de là, de ces gestes presque frénétiques que tout débute. Ensuite, viennent les détails. On touche au cœur de l’œuvre.

Puis elle prend du recul, observe, estime, et, avec calme et sérénité, travaille les petits riens qui font le tout. Le couteau, comme le regard, navigue, en harmonie avec la toile. Elle cherche, scrute la toile pour découvrir ce que là, à ce moment précis, elle va apposer, signifier sur le lin.

Elle poursuit son discours avec le jeu des transparences. Superpose des sensations, ses perceptions du monde.

Enfin vient l’instant ou le vernis englobe et protège l’ensemble. Brillant ou plus rude, il met en valeur la couleur et les formes. On peut alors entendre le froissement du pinceau sur les couches de peinture.

Il faut maintenant se préparer à laisser la toile vivre seule, à la laisser partir vers d’autres horizons.

Aurore Van Langhenhoven