OSEO

Au départ, comme souvent, il y a un coup de cœur. Un promeneur, architecte de métier,  passe devant une galerie d’art à Rennes, et tombe amoureux d’une toile réalisée par Edwige Leprin. Porteur d’un projet de création de maison en bambou au CambodgeCambodge et amateur d’art, il part à la découverte de cette peintre unique.

 

Conquis par le personnage et son travail exceptionnel, il propose à Edwige un projet de création pour 2 grandes œuvres à exposer dans le Hall de l’établissement O.S.E.O. à Rennes. Edwige ne sait pas qu’une présélection de quinze artistes de styles très différents  est organisée pour participer au projet. Elle se lance donc dans la création de deux toiles gigantesques pour orner le hall élégant d’ O.S.E.O. Pour prendre place dans ce lieu, il faut des toiles de très grand format, 240 X 180 cm.

 

Mais avant tout, OSEO doit faire son choix parmi les artistes présélectionnés. C’est en regardant les œuvres en miniature (100x81cm) qu’Edwige propose, qu’elle fût sans hésitation, choisi pour la réalisation des grandes créations du Hall.
Edwige travaille tous les formats, elle ne restreint pas ses coups de couteaux à des dimensions conventionnelles, et c’est pour elle un défi que de peindre de si grandes toiles.  Pour cela la peintre a du travailler différemment. Le format imposant nécessitait un peu d’adaptation (je trouverai intéressant de parler de la manière dont elle a du s’adapter). Edwige, quelque soit les dimensions de la toile qu’elle aborde, utilise toujours le même matériel. Tous les peintres ont leurs couteaux ou pinceaux fétiches, elle peint pour sa part avec des couteaux de 9 cm.

Imaginez le petit instrument se baladant sur la toile immense. Il va et vient, le geste est ample, sûr et vif. Un travail physique en plus de la création. Faire corps avec l’œuvre, se plier à elle, faire des concessions pour que se trace une forme, une ombre, une transparence fait également parti du travail de la peintre. La toile reçoit ses premiers aplats de couleur rouge carmin, jaune et orangé. Les prémisses sont fait, couché sur le sol de l’atelier. La encore elle appose, elle jette, couche son talent et son art sur la surface douce et rude du végétale tendu. Le lin pur est ainsi transformé petit à petit en objet de contemplation.

 

Puis c’est debout, adossé contre le mur que le support peut accueillir les épaisseurs et les transparences. Pas facile de prendre du recul, celui de l’esprit ou du regard, quand la toile prend tout. Il faut s’éloigner, la regarder, la jauger et puis grimper sur une échelle pour l’atteindre. Elle se mérite et se conquiert.  Perché sur le métal, l’œuvre peut être enfin terminée. Quelle épopée délicieuse !

 

Un rouge profond, puissant, qui interpelle, un jaune pétillant et du orange, tout rappelle les couleurs de l’établissement.

 

Le 6 janvier, c’est le grand jour ! Janus et Vulcain sont accrochés dans le hall. Des noms évidents pour ces œuvres atypiques, qui représentent le Dieu des Passages et le Dieu du Feu et du Fer.

 

Depuis le début de cette aventure, notre peintre se laisse surprendre et se dépasse pour le plaisir de proposer aux visiteurs une émotion qui donne le vertige et qui, comme toujours, laisse la puissance du geste et de la couleur nous époustoufler.
Aurore Van Langhenhoven.

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